Le débat public consacré à la ligne des Hirondelles s’est tenu le 12 juin 2026 à Dole. La CDR BFC, invitée par le collectif, a participé à sa préparation. Son président est intervenu dans la première séquence, consacrée aux choix d’exploitation et à leurs conséquences pour les usagers.
Une ligne fragilisée par les choix d’exploitation
Le constat du président est d’abord celui d’une dégradation progressive du service : suppression du train du soir vers Besançon, suppression du train du lundi matin vers Dole, terminus qui changent selon les jours, correspondances plus difficiles.
« Peut-on affirmer qu’une ligne ne fonctionne pas lorsqu’on commence par supprimer les trains qui la font vivre ? »
Et pourtant, malgré cette dégradation continue de l’offre, la fréquentation de la ligne a progressé, selon la CDR BFC. Un paradoxe qui, pour l’association, dit une chose simple : les habitants continuent d’avoir besoin du train.
Le dossier du collectif recense trois circulations quotidiennes au départ de Dole. La question n’est donc pas de savoir si la ligne attire assez de voyageurs avec l’offre actuelle, mais ce qu’elle pourrait rendre avec une desserte lisible.
Le service rendu, pas la fréquentation
Pour la CDR BFC, le véritable sujet n’est pas le nombre de voyageurs aujourd’hui, mais la chance que l’on veut encore donner à la ligne de remplir sa mission.
« Le véritable sujet de ce soir n’est donc pas le nombre de voyageurs aujourd’hui. Le véritable sujet est de savoir si nous voulons encore donner une chance à cette ligne de remplir sa mission. »
La ligne n’est pas seulement ferroviaire : elle est territoriale. Chaque suppression de train réduit un peu plus l’accès à l’emploi, à la formation, aux services publics et aux correspondances nationales. Elle envoie aussi un message politique, celui que certains territoires devraient se contenter d’une mobilité dégradée pendant que d’autres bénéficient d’investissements massifs.
Quatre demandes pour une offre lisible
La CDR BFC ne s’arrête pas au constat. Elle demande une offre lisible, régulière et ambitieuse :
- des horaires adaptés aux scolaires et aux salariés ;
- des correspondances fiables avec Dole, Besançon et les TGV ;
- des dessertes assurées par le train sur l’ensemble de la ligne ;
- une stratégie de réouverture des liaisons vers Bourg-en-Bresse et Lyon, en coopération avec la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Le coût du déclassement
Avant de débattre du coût de la ligne, le président a posé une autre question :
« Quel est le coût pour le Haut-Jura de son déclassement ferroviaire ? »
Car lorsqu’une ligne disparaît, ce ne sont pas seulement des trains que l’on perd. « Ce sont des possibilités de vivre, de travailler, d’étudier et de se déplacer sur un territoire », a-t-il souligné. Et cela, aucun tableau comptable ne le mesure correctement.
La ligne, longue de 123 km entre Dole et Saint-Claude, compte 36 tunnels et 18 viaducs ; elle franchit le col de la Savine à 948 mètres. Le dossier du collectif la décrit comme l’une des plus spectaculaires de France.
Et après le débat ?
Le débat public ne s’arrête pas à la salle. La CDR BFC poursuit son travail de documentation et de dialogue avec les collectifs, les usagers et les élus. Elle continuera de porter une idée simple : une ligne se juge au service qu’elle rend, pas à la fréquentation d’une offre déjà réduite.
Sources : intervention de la CDR BFC au débat public de Dole, 12 juin 2026 ; dossier de presse du collectif Sauvons la ligne des Hirondelles, avril 2026. Photos : Wikimedia Commons, licences indiquées.